lundi 8 janvier 2018

RWANDA/ DR THEOGENE RUDASINGWA/ LETTRE OUVERTE/ APPEL AU PEUPLE FRANÇAIS POUR RÉSISTER À LA CRIMINALISATION DE LA FRANCE PAR LE RÉGIME RWANDAIS // OPEN LETTER/ A CALL TO FRENCH PEOPLE TO RESIST RWANDA’S CRIMINALIZATION OF FRANCE



Dr Theogene Rudasingwa



Washington D.C., le 26 décembre 2017


Son Excellence Emmanuel Macron
Président de la République française
Palais de l'Elysée
France


LETTRE OUVERTE

APPEL AU PEUPLE FRANÇAIS POUR RÉSISTER À LA CRIMINALISATION DE LA FRANCE PAR LE RÉGIME RWANDAIS


J'ai l'honneur d'écrire à Votre Excellence et, à travers vous, à tous les Français en réaction aux tentatives répétées du Gouvernement du Président Paul Kagame du Rwanda de diaboliser la France et ses citoyens autant qu'il a déshumanisé des citoyens Rwandais.

En écrivant cette note personnelle à Vous et au peuple français qui vous a élu Président, je revendique des identités que même le régime Rwandais ne peut contester. Comme Paul Kagame, je suis un Tutsi qui a grandi dans les camps de réfugiés du Burundi, de Tanzanie et d'Ouganda. J'étais orphelin quand j'avais un an, mon père ayant été parmi les premières victimes à la suite de la révolution hutue de 1959 au Rwanda. J'ai successivement été Secrétaire Général du FPR, Ambassadeur du Rwanda aux États-Unis, et plus tard Chef de cabinet du Président Paul Kagame.

En tant que son principal confident à un moment donné, j'en connais beaucoup sur la vie privée et publique du Président Kagame. Je prends chaque jour le risque d'en savoir plus et d'oser dire la vérité au pouvoir, et sciemment en connaissant le risque du prix à payer en s'opposant au Président Kagame.


Par-dessus tout, je suis un témoin de l'immense perte de vies humaines des populations Tutsis et Hutus.


Il y a près d'un quart de siècle, en juin 1994, au plus fort de l'un des génocides les plus tragiques de tous les temps, j'ai conduit une délégation de deux hommes au nom du Front patriotique Rwandais (FPR) au Quai d'Orsay pour dissuader la France d'entreprendre l'opération Turquoise. Mon autre collègue de la délégation était le regretté Dr Jacques Bihozagara. À l'époque, j'ai eu l'occasion de rencontrer Monsieur Alain Juppé, alors ministre des Affaires étrangères, pour transmettre un message important et urgent du Général Paul Kagamé concernant l'imminente mission de maintien de la paix en vertu d'un mandat sous le Chapitre VII des Nations Unies.


A Monsieur Alain Juppé, et plus tard aux hauts responsables militaires français de l'époque, dont le Général Le Mercier, j'ai réitéré la position du FPR selon laquelle nous considérions la France comme partisane et pro-gouvernementale dans le conflit Rwandais et que toute opération militaire serait interprétée comme un ultime soutien au régime assiégé (gouvernement provisoire établi après l'assassinat du Président Juvénal Habyarimana sous les ordres du général Paul Kagame) dont les membres étaient les cerveaux du génocide. Je me souviens, aujourd'hui avec remords, que j'ai récité les mots spécifiques du Général Paul Kagame: «tous les Tutsis qui devaient mourir ont été exterminés; qui maintenant cherchez-vous à sauver? » à Monsieur Alain Juppé et au Général Le Mercier.


À ce moment-là, le FPR s'est opposé non seulement à l'intervention de la France mais aussi à toute intervention étrangère, y compris celle de l'ONU, qui nous enlèverait une victoire militaire pure et simple qui était en vue.

Sauver des vies des populations tutsis menacées n'était pas une priorité pour le FPR mais plutôt la conquête du pouvoir.

J'aurais aimé que ce que je viens de dire soit juste une histoire racontée simplement pour rafraîchir la mémoire de quelqu'un comme Votre Excellence qui n'était alors qu'un adolescent en 1994 mais qui, maintenant, préside aux destinées d'une nation prestigieuse avec une histoire riche et un rôle essentiel sur la scène mondiale comme celui de la France.

Malheureusement, il s'agit d'une question d'actualité de la plus haute importance pour tous les citoyens Rwandais et français, tout simplement parce qu'elle concerne des crimes commis par des Rwandais contre leurs compatriotes Rwandais. Ces crimes n'ont jamais été pleinement reconnus et pris en compte.

Rétrospectivement, bien que controversée, l'opération Turquoise a eu lieu et a sauvé des vies rwandaises.

Vous pourriez vous demander pour quel motif le Président Kagame et son régime recourent à  cette interminable interprétation erronée de l'histoire, à la déformation des faits et aux insultes incessantes contre la France et à ses dirigeants.

Permettez-moi, Votre Excellence, de mentionner quatre raisons:

Tout d'abord, il y a la question non résolue des responsables réels  qui ont abattu l'avion dans lequel ont péri les Présidents Juvénal Habyarimana du Rwanda et Cyprien Ntaryamira du Burundi, leurs proches, y compris des citoyens français membres de l'équipage. Comme l'assassinat de l'archiduc Franz Ferdinand d'Autriche en juin 1914 et le déclenchement de la Première Guerre mondiale, cet événement tragique a été le coup de feu qui a déclenché le génocide qui a suivi et qui a coûté la vie aux Tutsis et aux Hutus. D'après ce que je sais, rien n'ébranle et n'effraie le Président Kagame comme l'enquête française sur ce sujet. L'enquête est une menace existentielle pour lui.

Deuxièmement, la communauté internationale a fait beaucoup de travail pour traduire en justice les auteurs du génocide contre les Tutsis. Malheureusement, malgré toutes les preuves présentées par divers rapports des Nations Unies, y compris le rapport Mapping sur des crimes graves commis sur le territoire de la RDC (1993-2003) qui a prouvé sans équivoque la responsabilité du gouvernement Rwandais dans des crimes de guerre, des crimes contre l'humanité et des actes de génocides contre des populations Hutus et des Congolais, le régime du Président Kagame n'a pas été mis au défi de rendre compte de ses crimes odieux.

Les puissances occidentales, notamment les États-Unis et le Royaume-Uni, mues par un sentiment de culpabilité ou par des intérêts géostratégiques, ont couvert le régime du Président Kagame contre   toute justice. La culture de l'impunité qui en a résulté s'étend bien au-delà des frontières du Rwanda, avec une implication profonde dans les décennies à venir.


Troisièmement, la crise politique prolongée au Rwanda qui a commencé en 1959, ponctuée par la guerre civile, les réfugiés, le génocide, la destruction massive de la vie et de la propriété, et la déstabilisation régionale n'a jamais pris fin. Les acteurs ont changé, mais l'absence de liberté, de démocratie et de primauté du droit au Rwanda est vieille de plusieurs siècles.

Le Président Kagame vient de se proclamer Président à vie sous la houlette d'un simulâcre de référendum et d'un processus électoral biaisé. Il cherche à pérénniser son pouvoir, en utilisant une clique d'officiers exclusivement d'origine tutsis, par le vérouillage absolu de l'espace politique et civil, par des assassinats et l'emprisonnement d'opposants politiques, par la marginalisation des Hutus bannis en marge de la société comme des citoyens de seconde classe,  par une politique de persécution contre des éléments dissidents tutsis, par le maintien des inégalités socio-économiques massives et par une corruption rampante en faveur du  Président Kagame, sa famille et ceux de son entourage immédiat.

Quatrièmement, et finalement, le régime du Président Kagame est devenu par défaut une influence déstabilisatrice dans la région des Grands Lacs d'Afrique orientale et centrale. Agissant seul ou au nom de certaines puissances occidentales, le Rwanda a parrainé des guerres d'agression et des guerres par procuration contre la République Démocratique du Congo, tout en continuant à déstabiliser le Burundi et l'Ouganda.

En un mot, Votre Excellence, tant que le régime du Président Kagame aliène ses propres citoyens, provoque les voisins du Rwanda, ne rend pas compte de sa culpabilité pour les crimes qu'il a commis au Rwanda et en République Démocratique du Congo, et pour la destruction de l'avion qui a déclenché des pertes massives de vies humaines, il cherchera toujours un bouc émissaire, en l'occurrence la France, pour détourner l'attention sur les causes réelles de la crise politique prolongée du Rwanda.

De mon humble avis, je voudrais exhorter Votre Excellence, le Gouvernement français et le peuple français à rejeter fermément et publiquement les tentatives répétées. fausses et méprisantes. du Président Kagame de faire de la France un complice du génocide Rwandais. Le génocide contre les Tutsis et les Hutus a été commis par des Rwandais contre des Rwandais.

Les puissances étrangères - la Belgique, la France, les États-Unis, le Royaume-Uni et l'Ouganda - ont, à différents moments au cours des 100 dernières années, soutenu l'un ou l'autre camp dans la politique controversée et violente du Rwanda. Dans cette mesure, on pourrait soutenir que ces acteurs étrangers sont effectivement des facteurs secondaires dans les tragédies cycliques du Rwanda.

Cependant, il est absolument faux d'accuser ces acteurs étrangers du mal commis par des Rwandais contre des Rwandais. Seuls les Rwandais peuvent mettre fin à la violence cyclique en reconnaissant la souffrance mutuellement infligée, et réciproquement s'absoudre dans un processus de guérison générationnelle.

La France doit donc rejeter sans équivoque l'attaque brutale et frontale menée par le régime du Président Kagame pour criminaliser les Français.

La France devrait dénoncer les distorsions délibérées de l'histoire par un régime minoritaire brutal dont l'intention est de détourner l'attention d'une crise interne auto-infligée et de rendre des comptes pour les crimes qu'elle a commis contre le peuple Rwandais et des citoyens étrangers.

Le silence face à ces attaques flagrantes sert à enhardir l'intransigeance d'un dictateur qui vit au dépens du sentiment de culpabilité des étrangers, et de l'approbation de certains milieux en France et d'une élite mondiale qui soit profitent, soit deviennent des outils volontaires dans la propagation scandaleuse de ces mensonges.

Au cours des prochains mois, le gouvernement du Rwanda a l'intention d'intensifier les enchères.

Après avoir publié le soi-disant rapport Mucyo (2008) du Rwanda et le rapport Muse (2017) du cabinet d'avocats américain Cunningham Levy Muse, qui ont tous deux relayé des mensonges officiels du régime Rwandais selon lesquels la France serait complice du génocide Rwandais, le régime procédera maintenant à l'émission de «mises en accusation» contre des officiels français, puis portera l'affaire devant l'Union africaine et les Nations Unies pour embarrasser la France.

Je voudrais exhorter Votre Excellence, le Gouvernement français et le peuple français à rester vigilants face à la manipulation de l'opinion publique internationale par le régime Rwandais.

Je voudrais vous inviter à affermir le soutien de la France dans la mobilisation régionale et internationale en faveur de tous les Rwandais dans leur lutte pour la guérison, la réconciliation nationale, le respect des libertés fondamentales, la démocratie, l'état de droit, une prospérité partagée et durable et la paix.

Je souhaite à Votre Excellence, à votre famille, au gouvernement français et aux Français une bonne et heureuse année 2018.

Dr. Theogene Rudasingwa
Ancien ambassadeur du Rwanda aux États-Unis d'Amérique
Washington DC.

Etats-Unis






Dr Theogene Rudasingwa


His Excellency Emmanuel Macron
President
The French Republic
Elysee Palace
France

Your Excellency,



OPEN LETTER



A CALL TO FRENCH PEOPLE TO RESIST RWANDA’S CRIMINALIZATION OF FRANCE



I am writing to Your Excellency, and through you to all French people in reaction to the repeated attempts by the Government of President Paul Kagame in Rwanda to demonize France and its citizens as much as it has dehumanized Rwandan citizens.

In writing this personal note to you and the French people you have been mandated to lead, I claim identities that even the Rwandan regime cannot dispute. Like Paul Kagame, I am a Tutsi who grew up in the refugee camps of Burundi, Tanzania and Uganda. I was orphaned when I was one year old, my father having been among the first victims during the aftermath of Rwanda’s 1959 Hutu Revolution. I was RPF’s Secretary General, Rwanda’s Ambassador to the United States, and later President Kagame’s Chef de Cabinet.

As his closest confidante at one point, I know much about President Kagame’ private and public life. I daily bear the risk of knowing that much and daring to speak truth to power, especially knowing the price of being President Kagame’s critic.

Above all, I am a witness to the immense loss of life of both Tutsi and Hutu.

Almost a quarter of a century ago, in June of 1994, at the height of one of the most tragic genocides of all time, I led a two-man delegation on behalf of the Rwanda Patriotic Front (RPF) to the  Quai D’Orsay to dissuade France from undertaking Operation Turquoise. My other colleague in the delegation was late Dr.Jacques Bihozagara.  At the time, I had the opportunity to meet Alain Juppe, then France’s Minister of Foreign Affairs, to convey an important and urgent message from General Paul Kagame regarding the impending Peacekeeping Mission under a United Nations Chapter VII Mandate.

To Mr. Alain Juppe, and later to the French senior military officials of the time, including General Le Mercier, I reiterated RPF’s position that we considered France as pro-government in the Rwandan conflict, and that any military operation would be interpreted as an attempt to prop-up the beleaguered regime (Provisional Government established after the assassination of President Juvenal Habyarimana under the orders of General Paul Kagame) whose members were the masterminds of the genocide. I remember, now with shame, that I repeated General Paul Kagame’s specific words  “ all  Tutsi who had to die have been killed; who are you coming to save?” to Mr. Alain Juppe and General Le Mercier.

At this point in time, RPF not only opposed France’s intervention. It was strongly against any foreign intervention, including UN’s, that would snatch away outright military victory which  was in sight.
Saving Tutsi lives was not on RPF’s immediate agenda. Capturing power was.

I wish I could state that what I have just said is a matter of history, being recounted just to refresh the memory of somebody like Your Excellency who was only then a young adolescent in 1994, but now presiding over a nation with a rich history and a vital role on the world stage like France’s.

Unfortunately, it should be an active matter of utmost importance to all citizens of Rwanda and France, simply because it speaks to crimes committed by Rwandans against their fellow Rwandans, crimes that have never been fully acknowledged and accounted for.

In retrospect, though controversial, Operation Turquoise did take place and saved some Rwandan lives.

You may ask as to why President Kagame and his regime have this endless misinterpretation of history, distortion of facts, and heaping insult after insult to France and its leaders.

Permit me, Your Excellency, to mention four reasons.

First, there is the unresolved question of who is responsible for the shooting down of the plane in which the Presidents of Rwanda (Juvenal Habyarimana) and Burundi (Cyprian Ntaryamira) and all their entourage, including French citizens, perished. Like the assassination of Archduke Franz Ferdinand of Austria in June 1914 and the trigger of World War I, this tragic event was the firing shot that triggered the subsequent genocide that has claimed both Tutsi and Hutu. From what I know, nothing un-nerves and scares President Kagame like the French investigation on this matter. The investigation is an existential threat to him.

Second, there is much work that has been done by the international community to bring to justice the perpetrators of the genocide against Tutsi. Sadly, against all evidence presented by various United Nations reports, including the DRC Mapping Report (1993-2003) that found Rwanda responsible for war crimes, crimes against humanity and possibly acts of genocide against Hutu and Congolese people, President Kagame’s regime has not been challenged to account for these heinous crimes.  

Western powers, notably the United States and the United Kingdom, out of guilt and geo-strategic interests, have cushioned President Kagame’s regime from accountability. The resulting culture of impunity that this has fueled extends far beyond the borders of Rwanda, with far reaching implication in decades ahead.

Third, the extended political crisis in Rwanda that began in 1959, punctuated by civil war, refugees, genocide, massive destruction of life and property, and regional destabilization has never ended. The actors have changed but the thrust of Rwanda’s internal lack of freedom, democracy and the rule of law is centuries-old.

President Kagame has just crowned himself Life-President in a sham referendum and rigged electoral process. He seeks to perpetuate his power using a clique of exclusively Tutsi military officers, absolute closure of political and civil space, assassination and imprisonment of political opponents, marginalization of Hutu who have been banished to the margins of society as second class citizens, a policy of attrition against dissenting Tutsi elements, massive socio-economic inequalities, and corruption that favors President Kagame, his family, and those in his immediate entourage.

Fourth, and finally, President Kagame’s regime has become the default destabilizing influence in the Great Lakes region of east and central Africa.  Acting alone or on behalf of some Western powers, Rwanda has sponsored wars of aggression and proxy wars against the Democratic Republic of Congo, while continuing to destabilize Burundi and Uganda.

In a nutshell, Your Excellency, as long as President Kagame’s regime alienates its own citizens, antagonizes Rwanda’s neighbors, fails to account for its culpability for crimes it has committed in Rwanda and the Democratic Republic of Congo, and for the shooting down of the plane that triggered massive loss of life, it will always look for a scapegoat in France to deflect attention from the real causes of Rwanda’s protracted political crisis.

In my humble advice, I would like to urge Your Excellency, the Government of France, and the French people to reject President Kagame’s repeated false and contemptuous attempts to make France an accomplice in the Rwandan genocide. Genocide against Tutsi and Hutu was committed by Rwandans against Rwandans.

Foreign powers-  Belgium, France, United States, United Kingdom and Uganda- have at different times during the last 100 years backed one or the other side in Rwanda’s contentious and violence-prone politics. To that extent one could argue that these foreign actors are indeed secondary factors in Rwanda’s cyclic tragedies.

However, it is absolutely wrong to accuse these foreign actors for evil committed by Rwandans against Rwandans. Only Rwandans can end the cyclical violence by acknowledging the mutually inflicted pain, and mutually absolve themselves in a generational healing process.

France must therefore unequivocally reject the vicious and relentless onslaught by President Kagame’s regime to criminalize French people.

France must speak out against deliberate distortions of history by a brutal minority regime whose intention is to deflect attention from a self-inflicted internal crisis and accountability for the crimes it has committed against Rwandan people and foreign citizens.

Silence in the face of these blatant attacks serves to embolden the intransigence of a dictator who thrives on the guilt of foreigners, and the acquiescence of some quarters in France and a global elite who either profit, or have become willing tools in the scandalous propagation of lies.

In the next few months, the Government of Rwanda intends to escalate the stakes.

Having published the so-called  Mucyo Report (2008) by Rwanda, and the Muse Report (2017) by a US law firm Cunningham Levy Muse, both of which came out with Rwanda’s official lies that France was an accomplice in the Rwandan genocide, the regime will now proceed to issue “indictments” against French citizens, and then take the matter to the African Union and the United Nations to embarrass France.

I would like to urge Your Excellency, the Government of France, and the French people to remain vigilant against Rwanda’s manipulation of international public opinion.

I  would like to further urge you to render France’s support in mobilizing regional and international to support all Rwandans in their struggle to achieve healing, reconciliation, respect for  fundamental freedoms, democracy, the rule of law, shared and sustainable prosperity, and peace.


I wish Your Excellency, your family, the French Government, and French people a Happy New Year of 2018.


Dr. Theogene Rudasingwa
Former Ambassador of Rwanda to the United States of America
Washington D.C.
USA

December 26, 2017

RWANDA/ FDU-INKINGI/ SÉRIE : LE VRAI VISAGE DU RWANDA SOUS LE RÈGNE DU FPR/ Nº 1 : PAUL KAGAME : UN SAUVEUR OU UN GRAND IMPOSTEUR ASSOIFFE DE POUVOIR ABSOLU ?






SÉRIE : LE VRAI VISAGE DU RWANDA SOUS LE RÈGNE DU FPR





L’ancien chef rebelle du Front Patriotique Rwandais et actuel président rwandais Paul Kagame est crédité d’avoir arrêté le génocide de 1994 ; Il est à ce point considéré par beaucoup comme un héros ; il profite de cette posture de héros pour installer une dictature très répressive et sanglante au Rwanda. Mais en analysant plusieurs faits et plusieurs témoignages, il apparaît que le rôle de Paul Kagame est plus que trouble dans le déclenchement et le déroulement du génocide des Tutsi en 1994.

Que dire si finalement, Paul Kagame, qui est encore aujourd’hui vénéré comme celui qui a arrêté le génocide en 1994 était simplement un imposteur ?

Et s’il avait lui-même joué un rôle dans le massacre des tutsi (les siens) pour s’emparer du pouvoir sans partage ?

A- LES FAITS AVANT ET PENDANT LE GÉNOCIDE

Les faits suivants ont été largement documentés et montrent comment Kagame et le FPR n’ont pas été les sauveurs qu’ils prétendent être :

1.      Beaucoup d’indices pointent sur Kagame entant que responsable de l’attentat terroriste du 6 avril 1994 :

Le FPR, avec Paul Kagame à sa tête, fut un des acteurs principaux dans la tragédie. Il y a de fortes indications que c’est lui qui a allumé l’étincelle dans une maison pleine d’explosifs en tirant sur l’avion présidentiel de Juvénal Habyarimana.

D’anciens hauts gradés et plusieurs autres anciens compagnons d’armes du FPR accusent, en effet, Paul Kagame d’avoir commandité cet acte reconnu par tous comme déclencheur du génocide. (Voir par exemple , Abdul RUZIBIZA dans son livre « Une histoire secrète », Jean Pierre MUGABE, Noble MARARA et le Général Kayumba Nyamwasa).

Par ailleurs deux enquêteurs du Tribunal Pénal International pour le Rwanda (TPIR), l’australien Hourigan et l’américain James Lyons indiquent qu’ils avaient réuni des informations liant Paul Kagame à l’abattage de l’avion présidentiel et qu’ils ont été contraints d’arrêter leurs investigations.

Les déclarations des procureurs successifs du Tribunal Pénal International pour le la Rwanda (TPIR), Louise ARBOUR et Carla Del Ponte, semblent également imputer la responsabilité criminelle de cet attentat au président Kagame et sa rébellion FPR.

Il est important de noter qu’un élément crucial est presque complètement ignoré du grand public : Le Tribunal Pénal International pour le Rwanda (TPIR) à Arusha a été instauré en 1995, vingt-deux ans plus tard, après investigations, interrogatoires et autres actes judiciaires, il n’a pas réussi à établir et à prouver la planification du génocide contre les Tutsis. Tous les accusés considérés comme les « cerveaux », « planificateurs » etc… ont été soit acquittés soit condamnés mais pour d’autres motifs que la planification du génocide ! 

Il ressort de ceci que l’élément réellement déclencheur du génocide fut l’assassinat du Président Habyarimana. La situation était tellement tendue dans le pays qu’il était prévisible que son assassinant allait déclencher des massacres à grande échelle. Quiconque a abattu l’avion du Président Habyarimana, dans la situation précise du Rwanda de 1994, porte ainsi une lourde responsabilité dans le génocide des Tutsis.

Mais, à qui profitait l’assassinat du Président Habyarimana ?

Certaines enquêtes et témoignages accusent clairement le FPR et Paul Kagame. Si cela s’avérait être le cas, Paul Kagame porterait une lourde responsabilité car il serait celui qui a déclenché le génocide.

2.      Kagame n’était pas préoccupé par le fait de sauver les Tutsis de l’intérieur :

Plusieurs témoignages des militaires du FPR (notamment Abdul Ruzibiza dans son livre) parlent du refus des autorités militaires du FPR d’aller sauver les Tutsis, même là où c’était possible. Ruzibiza parle même de certains militaires qui se sont suicidés car on leur empêchait d’aller sauver leurs familles, alors qu’ils en avaient militairement les moyens. Il fallait qu’il y ait « assez de morts » pour justifier un génocide. Tout laisse penser que le Général Paul Kagame a sacrifié les tutsi de l’intérieur . Il est trop cynique de sacrifier des vies humaines et aller jusqu’à déclarer qu’on ne mange pas l’omelette sans casser les œufs.

3.      Pendant le génocide, Kagame et le FPR se sont opposés farouchement à une intervention extérieure pour aider à arrêter les massacres :

a.      Selon HRW HUMAN RIGHTS WATCH / FÉDÉRATION INTERNATIONALE DES LIGUES DES DROITS DE L'HOMME ; dans sa publication "Aucun témoin ne doit survivre. Le génocide au Rwanda", Éditions Karthala, 1999. 936 pages) aux pages 814-815:


Lorsque le Conseil de sécurité envisagea d'envoyer au Rwanda une force de maintien de la paix plus importante et dotée d'un mandat plus large de protection des civils, le FPR craignit que celle-ci n'interfère avec son objectif de victoire militaire. Ses dirigeants étaient peut-être particulièrement concernés par le fait que les Français puissent utiliser la force pour protéger le gouvernement intérimaire. Plutôt que d'accueillir favorablement cette initiative et d'en réclamer la mise en œuvre immédiate, le porte-parole du FPR à Bruxelles s'y opposa en affirmant qu'il ne restait plus de Tutsi à sauver (Human Rights Watch, entretien au téléphone, Bruxelles, 30 avril 1994).

b.      Quelques autres faits saillants montrant la responsabilité du FPR  et de son chef Paul Kagame:


1.      Début avril 1994: Messieurs Dusaidi et Muligande (deux hauts cadres du FPR) furent envoyés à New York dès la première semaine après l’abattage de l’avion pour faire du lobbying et s’opposer à toute intervention étrangère.

2.      Le  8 avril 1994 le PFR demanda à toutes les forces étrangères  de quitter le Rwanda sous peine d’être considérées comme des ennemis.

3.      Le 13 avril 1994 le FPR  n’accepte que trois jours de trêve en vue de permettre l’évacuation des étrangers. Ainsi les Rwandais étaient abandonnés à leur sort pour continuer à s’entretuer alors qu’il y avait encore des possibilités de sauver beaucoup de vies humaines. Il faut également noter qu’à ce moment-là, selon Jacques-Roger Booh-Booh, Représentant spécial du Secrétaire Général des Nations Unies,  le FPR présentait régulièrement des conditions impossibles à chaque réunion pour discuter de cessez-le-feu car Paul Kagame n’était intéressé que par une victoire militaire totale. Dans son livre  “Le Patron de Dalaire Parle”, Jacques Booh révèle que le FPR a, à plusieurs reprises, fait échouer les tentatives de cessez-le-feu en vue de venir au secours des civils.

4.      Le 30 avril  1994 le PFR a rejeté la formule MINUAR II.

En effet, Gérard GAHIMA et Claude DUSAIDI du bureau politique du FPR réaffirmèrent cette position dans la déclaration suivante: « II est beaucoup trop tard pour une intervention des Nations unies. Le génocide est presque terminé. La plupart des victimes potentielles du régime ont été tuées ou se sont enfuies».

Il poursuivait : « Par conséquent, le Front patriotique rwandais se déclare catégoriquement opposé à l'intervention envisagée des Nations unies et il ne collaborera en aucun cas à son organisation ni à sa mise en œuvre. 

Vu ce qui précède, le Front patriotique rwandais , appelle le Conseil de sécurité des Nations unies à ne pas autoriser le déploiement de la force envisagée car une intervention des Nations unies à ce stade ne peut plus être d'aucune utilité en ce qui concerne l'arrêt des massacres.
» (Gérald Gahima et Claude Dusaidi, «
Déclaration du Bureau politique du Front patriotique rwandais sur le déploiement envisagé d'une force d'intervention des Nations unies au Rwanda », New York, 30 avril 1994) .

C’était trois semaines seulement après le déclenchement des massacres. Il a fallu encore deux mois avant que la Capitale, Kigali, ne tombe aux mains des rebelles.
Selon Gérard Prunier : «Quand le génocide fut enclenché , le sauvetage des Tutsi n’était plus la priorité n° 1 du FPR ».
Luc Marchal, ancien commandant adjoint des troupes de l’ONU au Rwanda a témoigné devant le TPIR le 2/12/2006: “De mon expérience, ma conclusion est que le FPR avait un seul but, prendre tout le pouvoir par la force et le garder pour eux-mêmes”. Pour moi, dit-il, « c’est le FPR qui a perpétré l’attaque sur l’avion présidentiel. A aucun moment, jamais, je n’ai perçu le désir de sa part, de faire des concessions, d’arrondir les angles, d’atteindre un consensus ».
5.      Le 2 Mai 1994: Le Représentant Permanent de l’ancien gouvernement rwandais aux Nations Unies, l’Ambassadeur Jean-Damascène Bizimana, envoya une lettre au Président du Conseil de Sécurité  (S/1994/531), demandant le renforcement de la MINUAR pour assurer le respect du cessez-le-feu et stabiliser la situation au Rwanda. Ainsi, contrairement au FPR, la partie gouvernementale préconisait une intervention forte capable de faire cesser les violences, stabiliser le pays et sauver des vies.
6.      Le 5 mai 1994, Le  Washington Times écrit: "Le commandant du mouvement rebelle, le Front Patriotique Rwandais, Kagame, a déclaré, hier, qu’une force de l’ONU ne peut pas apporter la paix à son pays et que seule la victoire de son mouvement pourra stopper les  massacres".
7.      Le 13 mai 1994, la BBC écrit: "...le chef rebelle  Paul Kagame accepte bien les propositions pour une plus grande force de l’ONU, à condition qu’elle soit cantonnée dans un rôle purement humanitaire”. Mais Kagame a dit que les 5,500 suggérés par Boutrus Boutros Ghali Secrétaire Général de l’ONU pour arrêter le génocide était trop grande.
8.      Le 18 mai 1994, Le Herald (Glasgow) écrit: " Si la force de l’ONU s’interpose entre les deux belligérants, elle sera traitée comme un ennemi, déclarait Denis Polisi, vice-président du FPR.
9.      Le 24 mai 1994, le  Denver Rocky Mountain News écrit: "Le Commandant en chef des forces rebelles exhorte les forces onusiennes, lundi, à rester en dehors de la guerre au Rwanda”.
10.  Le 4 juillet 1994, le FPR prend le contrôle de la capitale Kigali et le pays continue de s’enfoncer dans le spectre des violations des droits de l'homme.
Willy Claes, alors ministre belge des affaires étrangères, dit qu’après le massacre des 10 casques bleus belges de la MINUAR, la Belgique a envoyé des avions militaires avec des troupes à Kigali pour aller porter secours aux soldats belges. Il affirme qu’ils ont reçu des menaces de Paul Kagame en personne en disant qu’il ne veut d’aucun soldat belge sur le sol rwandais et que s’ils ne partent pas tous, ils vont être considérés comme ennemi par le FPR et pris pour cible. Ils ont eu juste « l’autorisation » de rapatrier les ressortissants belges avant de repartir.
Boutros Boutros Ghali, alors Secrétaire Général de l’ONU, a affirmé avoir reçu l’ordre, sous la pression de Paul Kagame, d’évacuer la MINUAR du Rwanda. Capitaine Lemaire du contingent Belge qui gardait le camp des déplacés de Kicukiro (ETO) a déclaré en octobre 1997, en sa qualité de témoin du procureur au Tribunal International sur le Rwanda, que les troupes des Nations Unies à Kigali étaient capables de mater les interahamwe si le Conseil de Sécurité avait tout simplement changé la mission de la MINUAR.
Le Général Anyidoho, alors commandant du contingent ghanéen et adjoint de Dallaire, a affirmé dans son livre que le plus gros problème était un ultimatum reçu du haut commandement du FPR de se retirer du Rwanda

B- LE COMPORTEMENT DE KAGAME APRES LE GENOCIDE

Après la prise du pouvoir par le FPR, un gouvernement de « sauveur » pleins de bonnes intentions aurait pu se comporter comme tel et protéger tous les rescapés se trouvant sous son autorité.
Une observation à posteriori de la gestion de l’après-génocide nous montre au contraire une succession de faits qui sont loin de caractériser un pouvoir « sauveur », mais qui sont plutôt une impressionnante succession des faits criminels et de crimes contre l’humanité et de comportement anti-démocratiques :

-        Le comportement brutal des troupes du FPR après la victoire relève plutôt des crimes contre l'humanité que d'une logique d'arrêter le génocide et de sauver tous les survivants.

Après la prise de Kigali le 4 juillet 1994 et la mise en place du gouvernement le 19 juillet 1994, les troupes du FPR, bien que sous les ordres du nouveau gouvernement, n'ont pas agi dans la logique du rétablissement de la paix et la tranquillité publique. Elles ont poursuivi les meurtres des citoyens comme elles en avaient l'habitude depuis leur invasion du Rwanda en octobre 1990. Il y a lieu de se demander si elles étaient horrifiées par ce qui venait de se passer (un génocide). En effet, si cela avait était le cas, elles auraient fait en sorte que cessent les tueries et qu'il n'y ait plus de morts, les ordres des autorités auraient été clairs et insistants pour que la paix revienne pour tous. Au lieu de cela, l'APR (Armée Patriotique Rwandais) s'est livrée à des homicides et des actes de barbarie sur les Hutus, prolongeant ainsi la liste des rwandais assassinés par d'autres rwandais. Ainsi on a connu et on trouve encore, au Rwanda, des emprisonnements inhumains dans des conditions insalubres (cachots surabondés où les prisonniers meurent par asphyxie, bousculade, maladies,…, cachots à domicile et autres lieux inconnus) ainsi que des massacres à répétition lors des réunion organisées en divers lieux, et particulièrement le massacre de Kibeho qui a fait plus de 8000 morts.

-        La guerre au Congo (RDC) et les millions de massacres commis par les troupes rwandaises sur les réfugiés rwandais et les citoyens congolais.

Les statistiques macabres sur les violences en RDC estiment à plus de 8 millions de morts dans une guerre ponctuée de massacres des réfugiés rwandais et de citoyens congolais par l'armée de Paul Kagame. Une armée qui aurait arrêté le génocide ne se livrerait pas à autant de barbarie et de bestialité. Comme l’a souligné un rapport de l’ONU, ces crimes peuvent être caractérisés de crimes contre l’humanité ou même de génocide si un tribunal en était saisi.

-        Les assassinats ciblés d’anciens camarades de guerres entrés en dissidence :

Le colonel Karegeya fut assassiné en Afrique du Sud en 2014 après être entré en opposition au FPR. Le général Kayumba Nyamwasa échappa à plusieurs tentatives d’assassinat également en Afrique du Sud. Des services de renseignements occidentaux, notamment anglais ont documenté le fait que des opposants Rwandais sur leur territoire avaient été visés par des plans d’assassinats par le pouvoir du FPR. Serait-ce parce que Kagame craint que des militaires ainsi que les survivants des tueries du FPR, hutus et tutsis, seraient prêts à témoigner de ce qu'ils ont vécu, vu et entendu et réclamer la justice ?

-        Une dictature qui semble constituer un bouclier contre les poursuites :
Kagame a mis en place une dictature qui viole au grand jour les droits de la personne, emprisonne tous les opposants et opposantes qui osent le défier démocratiquement. Les cas les plus emblématiques sont deux femmes, Victoire Ingabire et Diane Rwigara, en prison aujourd’hui après avoir essayé de se porter candidates à la présidentielle contre Kagame. Beaucoup d’autres hommes politiques sont en prison uniquement pour avoir exprimé une opinion différente de celle du pouvoir. Beaucoup d’autres en ont perdu la vie. Le FPR de Kagame a construit un régime où chaque citoyen est contrôlé et où toute prise de parole critiquant le gouvernement est un risque pour sa vie.

Ainsi par sa dictature, Kagame empêche la vérité d'éclater au grand jour, notamment son rôle dans le génocide. Qu'aurait-il à craindre s'il était le sauveur, celui qui a arrêté le génocide ?

Il est permis de conclure que le rôle de Kagame dans le génocide l'amène à craindre les poursuites, ce qui le pousse par réflexe de survie à verrouiller toute les institutions (armée, parlement, pouvoir exécutif…), à tailler la constitution sur mesure pour se représenter indéfiniment à la tête de l’État et à se montrer cruellement menaçant au cours de ses diverses interventions et prises de parole.

CONCLUSION

Toute porte donc à croire que Paul Kagame, en 1994, trouvait un « intérêt » direct dans le massacre du plus grand nombre de Tutsis et dans la qualification de génocide de ce qui était en train de se passer. Sinon comment expliquer le refus de sa part, et ce pendant plusieurs mois, de porter secours aux Tutsis alors que militairement il en avait les moyens ?

Comment expliquer qu’il a refusé toute présence de forces internationales qui auraient pu jouer un rôle d’interposition et limiter les massacres ?

Il est permis de conclure de ce qui précède que pour lui l’important c’était d’abord la prise du pouvoir militairement et accessoirement l’arrêt des massacres contre les Tutsis afin de consolider ensuite son pouvoir en endossant le costume du sauveur qui a arrêté le génocide. Il a prouvé son intérêt pour le moins démesuré pour un pouvoir absolu :

·         En poursuivant sa guerre au Congo quitte à y causer des millions de morts ;
·         En verrouillant l’espace politique au Rwanda, qui interdit toute dissidence et emprisonne tout opposant sérieux ;


·        Et en modifiant la constitution en vue de rester au pouvoir jusqu’en 2034.


Il est difficile de déceler dans ses actions les gestes d’un sauveur. Tout indique par contre que Paul Kagame n'était qu'un imposteur qui aurait profité du massacre des siens pour se hisser au sommet du pouvoir.

Il est dans l’intérêt de la justice et de la réconciliation nationale que les recommandations des experts des Nations Unies et d’Organisation de l’Unité Africaine, actuelle Union Africaine, pour une enquête internationale sur l’assassinat du Président Habyarimana soient mises en application.  Ainsi le rôle de Paul Kagame serait tiré au clair dans l'intérêt de tous les rwandais.


Janvier 2018


samedi 16 décembre 2017

RWANDA/ Plateforme "P5"/ COMMUNIQUE DE PRESSE nº 013/2017/ RÉFÉRENCE FAITE A L’ARRET DE LA COUR AFRICAINE DES DROITS DE L’HOMME ET DES PEUPLES, LA PLATEFORME DEMANDE LA LIBÉRATION SANS CONDITION DE VICTOIRE INGABIRE UMUHOZA



COMMUNIQUE DE PRESSE nº 013/2017

RÉFÉRENCE FAITE A L’ARRET DE LA COUR AFRICAINE DES DROITS DE L’HOMME ET DES PEUPLES
LA PLATEFORME DEMANDE LA LIBERATION SANS CONDITION DE VICTOIRE INGABIRE UMUHOZA

Le 13 décembre 2013,  la Cour Suprême condamnait injustement Victoire Ingabire Umuhoza Présidente des FDU-Inkingi à 15 ans de prisons. Après avoir épuisé tous les recours au Rwanda sans qu’elle obtienne justice, Mme Victoire Ingabire Umuhoza, Présidente des FDU-INKINGI a fait appel à la Cour Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples (CADHP) en tant que Cour chargée de trancher les multiples violations des droits de l’homme pour que la requérante soit rétablie dans ses droits. L’ARRET de la Cour a reconnu qu’elle avait été lésée dans ses droits et libertés fondamentales.

La Cour a en effet affirmé que la Requérante n’a pas propagé ni laissé entendre la théorie du double génocide, ni l’idéologie génocidaire, ni minimisé le génocide commis contre les Tutsi dans sa déclaration à Gisozi. Elle n’a pas non plus propagé des rumeurs en vue d’inciter la population à se soulever contre les autorités existantes. Les déclarations de la requérante, a renchéri la Cour, sont prévisibles dans une société démocratique et devraient être tolérées surtout lorsqu’elles proviennent d’une personnalité publique comme la Requérante. Selon la Cour la culpabilité et la condamnation y relative de la Requérante constituent donc une restriction à sa liberté d’expression aux termes de l’article 9 (2) et l’article 19 (3) du PIDCP.

La Cour a également conclu que le droit de la défense du requérant prévu à l’article 7 (1) (c) de la charte a été violé.

A la lumière des avis et considérations, ainsi que des conclusions de la CADHP, la plateforme exige la libération sans conditions de Mme Victoire Ingabire Umuhoza pour qu’elle soit rétablie dans ses droits.

La plateforme rappelle que le régime du FPR continue à utiliser abusivement les articles 461 et 463 du code pénal rwandais pour bâillonner l’opposition et continuer à fermer l’espace politique. C’est dans ce contexte que les cadres des FDU-Inkingi ont été raflés en Septembre 2017 et que Melle Diane et Mme Adeline Rwigara sont actuellement emprisonnées.

La plateforme P5 demande aux sponsors du régime du général Kagame, et plus particulièrement  les Pays-Bas, la Grande Bretagne, la Belgique, les USA et l’UE, de faire pression pour que tous les prisonniers politiques et d’opinion arrêtés sur cette base soient libérés sans conditions.
Fait à Bruxelles le 16 Décembre  2017

Jean-Baptiste Ryumugabe
Président de la  Plateforme P5
Phone: +32.486.46.0824